Le langage corporel : votre allié en entretien d’embauche

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Le langage corporel : votre allié en entretien d’embauche

Lors d’un entretien d’embauche, les premières impressions comptent beaucoup, et ce que votre langage corporel dit de vous peut être aussi fort que votre discours.

En effet, une étude menée par CareerBuilder en 2015 nous apprenait que lorsqu’on demande aux recruteurs de lister les comportements qui nuisent à l’impact d’un candidat, 50% répond le manque de contact visuel et 47% une mauvaise posture physique. D’autres citaient des comportements nerveux : gigoter sur sa chaise (36%), jouer avec un objet sur la table (31%) jouer avec ses cheveux (24%), etc.

L’année dernière, nous avions rencontré le comédien et coach Julien Ritzkowski venu parler des techniques pour développer son charisme. Aujourd’hui, il nous éclaire sur les meilleures techniques pour maîtriser son langage non-verbal en vue d’un entretien d’embauche réussi. Depuis la préparation jusqu’au face à face avec l’interlocuteur, il nous livre ses astuces pour garder le contrôle sur soi et gagner en crédibilité.

Préparer l’entretien pour une approche sereine

On ne peut jamais savoir comment va se dérouler un entretien d’embauche. Selon les attentes du recruteur, il faut apprendre à improviser et rester maître de soi. Toutefois, cela ne se fait pas sans une bonne préparation de l’entretien d’embauche. « La base d’une bonne improvisation c’est avant tout de la préparation. L’improvisation, ça ne s’improvise pas », nous explique Julien Ritzkowski, qui fait partie d’un groupe d’impro depuis 2008. « Pour faire une bonne improvisation, la première chose c’est de se tranquilliser l’esprit et d’y aller dans les meilleures conditions possibles. Pour cela on annule tous les facteurs d’imprévu éliminables à l’avance. Dans le cadre d’un entretien d’embauche, ça consiste par exemple à se renseigner au maximum sur l’entreprise, sur le poste, etc. »

Deuxième objectif : bien connaître son corps, en s’exerçant. « Il ne faut pas hésiter à s’entraîner face à quelqu’un, à avoir un regard extérieur, qui nous indiquera ce que chaque mouvement peut dire sur nous. Et une fois qu’on a compris comment le corps peut être maîtrisé, l’intérieur va suivre et on va être capable de masquer le stress. Maîtriser les signaux extérieurs qu’on va envoyer, c’est la clef pour un entretien réussi. »

Stress positif : un moteur vraiment efficace

Néanmoins, pour certains candidats, il n’est pas facile de gérer le trac en entretien. À ce propos, on a demandé au comédien s’il y était sujet. « Moi j’ai toujours le trac et je pense que c’est une chose nécessaire », nous explique-t-il. « Je parle à ce propos de stress positif et de stress négatif. Le stress positif c’est ce qui va te permettre de te mettre en ordre de bataille, parce que tu as un objectif derrière. Avec lui tu restes concentré et tu es capable de réagir du tac au tac. Il donne l’énergie d’avancer. Le stress négatif c’est le point de non retour où on commence à ne plus contrôler son corps. »

Comment générer ce stress positif ? Là aussi, il ne faut pas hésiter à travailler directement sur le corps : « avant l’arrivée sur les lieux de l’entretien, je conseille des exercices de respiration. Ils aident à rester concentré tout en calmant l’extérieur, en détendant ses muscles au maximum. Ça permet d’envoyer le moins de signaux de stress, même si parfois à l’intérieur ça bouillonne. La respiration est essentielle pour garder l’énergie interne. »

Savoir se montrer à l’écoute

« Dans le cadre d’un entretien d’embauche, les candidats perdent parfois de vue la relation qui va s’installer entre les deux personnes. Pour éviter cela, ils peuvent se reposer sur ce que va leur envoyer la personne en face. Celle-ci est demandeuse -il faut le rappeler- mais on a parfois tendance à la considérer, à tort, comme un ennemi et non pas comme un collaborateur. »

Quand on lui parle d’entretien d’embauche, Julien Ritzkowski nous rappelle que c’est un exercice en duo. Et s’il faut contrôler son langage corporel pour être un candidat attractif et dynamique, il faut aussi montrer que l’on sait écouter et collaborer. « Il faut se rappeler que tout ne repose pas sur soi. C’est l’ensemble des deux personnes qui a la responsabilité de faire avancer l’entretien de manière positive : je m’appuie sur l’autre comme il s’appuie sur moi. »

Il faut alors savoir écouter, mais aussi montrer qu’on rentre en résonance avec l’autre personne « par des petits hochements de têtes pour montrer qu’on a compris, par un sourire lorsque la personne fait une boutade. Alors la personne en face se sentira intégrée à une conversation et valorisée. »

Une bonne posture pour se booster

Il est également important de maintenir la bonne posture en entretien. Jusqu’à 47% des recruteurs seraient gêné par un candidat mal assis, car cela renvoie une mauvaise image. On appelle ce phénomène « les liens psychophysiques : l’extérieur se transforme dans le regard de l’autre, et qui fait qu’on se retrouve parfois à faire passer une impression qui n’a rien à voir avec ce qu’on voulait exprimer. »

Pour cela on peut avoir recours à des postures ouvertes, torse droit, face à son interlocuteur. Ainsi, le candidat paraît plus sûr de lui et inspire confiance au recruteur. La voix s’en trouve également changée : « lorsqu’on se tient droit, notre langage va venir corroborer la posture physique que l’on présente. On va aussi avoir une élocution qui va être facilitée, et on va se recharger naturellement en confiance en soi. Il faut donc éviter de se recourber, car notre voix va naturellement baisser et on va envoyer des séries de signaux négatifs. »

Pour cela, le comédien nous livre une de ses astuces : il faut apprendre à écouter son corps. « On prend rarement le temps d’observer ses sensations internes, et comment elles sont liées à notre posture. Essayez de vous tenir droit, et de lire intérieurement ce que cela provoque en vous, tous les changements que cela entraîne. »

Autre geste à proscrire en entretien : les bras croisés. « C’est un signal de plus que vous vous renfermez sur vous. On le fait naturellement car on pense surtout à dire ce qu’on a à dire, à réciter ses objectifs et son parcours, en pensant que ça nous mettra à l’abri. Alors qu’en se refermant sur soi-même, on s’expose. »

Un signe corporel ultra-positif : le regard

« Par le regard, par les micro mouvements du visage, on va exprimer l’intention, le sous-texte, qui nous habite. Si on est vraiment motivé, si on est véritablement en écoute, ça se verra dans le regard. »

Mais pour que l’expression passe par le regard, encore faut-il savoir regarder son interlocuteur dans les yeux. « L’important est de varier. Par exemple, si vous prenez des notes, il faut constamment lever les yeux et envoyer des signaux qui disent « je vous ai compris ». Lors de l’entretien, si je devais l’exprimer en pourcentage, je dirais qu’il faudrait avoir 70% de regards vers l’interlocuteur et 30% de regards sur ses documents. »

Soutenir le regard, mais sans excès, permettra également de remarquer l’impact que l’on aura sur l’autre, et de réagir en fonction : « le bon improvisateur se nourrit de ce que la personne va lui renvoyer : si par exemple le recruteur hausse les sourcils, il va peut-être falloir appuyer le point dont on parlait, car il semblera l’intéresser. »

Le corps : votre meilleur allié

Arrivé à la fin de notre entretien Julien Ritzkowski résume : « Posture, respiration, écoute : avec ces trois facteurs là, on est bon », nous explique-t-il. « Et ne pas se dire que tout repose sur nous-même, mais plutôt sur nous deux. »

Et pour tous ceux que le langage corporel inquiète encore, il ajoute, rassurant : « Le corps peut être notre premier allié, une fois qu’on arrive à contrôler ses mouvements. En effet, les mouvements vont de l’intérieur -nos émotions- vers l’extérieur et ce que l’on doit apprendre à faire pour se présenter à quelqu’un c’est savoir gérer l’inverse. Permettre à l’autre de lire nos mouvements pour lui donner un aperçu positif de notre intérieur. C’est un jeu physique, mais une fois qu’on l’a compris le corps est notre meilleur allié. »

Cet article a été écrit par Pierre Caron

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